Le parc - La vision de René G.LÉPINE

Parcours hors du commun : un des plus grands promoteurs immobiliers du Canada français

René G. Lépine a marqué le paysage de Montréal avec une riche vision d’urbanisme. Les deux pyramides du Village olympique, le Peel Plaza, le Sanctuaire du mont Royal et l’amélioration de la rue Maisonneuve aux coins des rues Stanley et Drummond, portent tous la signature de l’entreprise qu’il a fondée en 1952.

Il est bon de se rappeler le parcours hors du commun d’un des plus grands promoteurs immobiliers du Canada français. On a parfois dit de René G. Lépine qu’il était le Donald Trump de Montréal. Mais, contrairement à ce promoteur issu d’une famille new-yorkaise fortunée, René Lépine avait un profil plus terre-à-terre.

 

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Crédit : René Lépine présente la maquette du Sanctuaire du Mont-Royal

Il est né le 23 octobre 1929, la veille du krach boursier qui a déclenché la Grande Dépression. Élevé dans le quartier ouvrier de Ville-Émard avec ses neuf frères et soeurs, il a quitté les bancs d’école avant d’avoir terminé son cours primaire. Son père, qui travaillait dans une cour à bois, lui a conseillé de se construire une maison. Avant même de l’avoir terminée, il l’avait vendue. Et c’est avec cet argent qu’il en a construit une autre, puis une autre, puis une autre encore.

C’est ce qui lui a donné les capitaux pour lancer des projets d’envergure et percer une industrie où les francophones étaient quasi absents.

Un homme de principes qui prônait la qualité.

Entrepreneur aux origines modestes, René Lépine a fait sa marque dans le condo de luxe. Il a construit ou rénové certains des appartements les plus prestigieux de la métropole, comme l’édifice Sir Robert Peel ou encore le Sir George Simpson.

«Cela fait longtemps que je travaille dans l’industrie immobilière, et je n’ai jamais rencontré de promoteur qui avait des exigences de qualité aussi élevées que les siennes», dit Patricia Sakal, relationniste pour René G. Lépine dans les années 80 et 90. Cette excellence, raconte-t-elle, s’exprimait dans tout: les matériaux, le design, le marketing.

Il fut aussi un des premiers à Montréal à se servir des toits comme d’un espace de vie. D’où les terrasses des pyramides du Village olympique, construites en 1975. 

Le Groupe Lépine a traversé toutes les crises immobilières des 60 dernières années. Il a même profité de la morosité de 1969 pour reprendre à bon prix Le Cartier, qui faisait perdre une fortune au banquier derrière ce projet. En 18 mois, raconte son fils, il a redressé cette tour de 30 étages.

René G. Lépine a aussi connu des défis importants. Il appliquait une philosophie basée sur les solutions « gagnantes-gagnantes ». Pour un promoteur immobilier, il a connu très peu de litiges devant les tribunaux car il arrivait à s’asseoir avec ceux qui pouvaient se sentir lésés et à trouver une solution à l’amiable.

Le Groupe Lépine, maintenant

Si René Lépine s’est éteint en 2012, le groupe immobilier qui porte son nom poursuit sa course à Montréal, en Outaouais et en Floride, contrairement à nombre d’entrepreneurs québécois qui n’ont pas trouvé de successeur.

Ce sont les cinq enfants nés de son premier mariage, Francesca, René, Francis, Normand et Louis, qui travaillent au Groupe Lépine depuis plusieurs années déjà, qui ont repris le flambeau. La donation du terrain de la Carrière Landreville pour en faire un parc s’inscrit dans cette vision durable et constructive.

**Extraits du texte publié le 25 avril 2012 par Sophie Cousineau, de La Presse